Anna, une femme au cœur sans frontière…

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Répondre au besoin et au désir des femmes d’être belles est inné chez Anna. Après avoir quitté, non sans douleur, le monde du prêt-à-porter, elle se relèvera avec un nouveau défi : Changer d’univers et ouvrir un institut/bar à ongles à Neuilly dans les années 90.

C’est en 1994 que le premier Carlota voit le jour, avec peu d’investissement, deux filles à ses côtés, mais une volonté de réussir et une détermination sans borne. Très vite Carlota (surnom qu’Anna donne à sa petite fille, son porte-bonheur) va grandir. Une dizaine de filles y travaillent sans interruption, faisant même des permanentes de cils dans les escaliers, « Les meilleures années de ma vie » comme dit Anna.

Le Tout Paris se presse dans ce petit refuge où il fait bon de prendre soin de soi dans une ambiance unique, chaleureuse et conviviale. Anna est comme ça. Ses collaboratrices sont « ses filles », qu’elle recrute d’ailleurs avec le cœur, et qu’elle materne, ou du moins qu’elle protège, fait évoluer et aide.

Il y a beaucoup d’amour chez Anna. Les filles qu’elle forme restent 10 ans. Et ses clientes sont fidèles depuis 18 ans pour certaines. Carlota pour Anna c’est sa deuxième famille. Elle y fera d’ailleurs collaborer amis en difficulté, jeunes femmes en quête de confiance en elles, famille…

Un jour, un ami lui propose Hoche. Toujours sans argent Anna y croit et fonce dans le projet. Courage ? non « Inconscience » comme dit Anna (rires). Cette inconscience qui la fera avancer toute sa vie.

Dans la foulée l’adresse de Neuilly s’agrandit pour devenir un temple de la beauté de 300m² avec jardin. Sa fille y développera d’ailleurs un nouveau concept, le « Carlota Coffee » pour une pause gourmande tout en équilibre. Puis un nouveau bébé, le concept « Miss Carlota » qui répond aux besoins de toutes les femmes. Ces femmes qui, d’où qu’elles viennent, mamans, stars, étudiantes ou working-girls y trouveront accueil, professionnalisme et attention, tout ceci en un temps express et pour un coût plus que raisonnable.

Aujourd’hui, toujours dans un souci de développement, un deuxième « Miss Carlota » ouvre en 2012 Rive Gauche. Un projet dans lequel une fois encore, Anna, comme elle le dit si bien « navigue à vue ». Tout cela sans jamais se mettre en avant et surtout se renouvelant sans cesse. Une phrase est d’ailleurs très importante pour Anna : « L’intelligence c’est l’esprit d’adaptation ».
Anna a tout de même ses fiertés. Sa famille bien sûr. Mais surtout la satisfaction sur le visage des femmes qui sortent de ses instituts. La fidélité de certaines clientes, devenues depuis amies proches comme Isabelle Adjani, Marie Sarkozy, Michèle Laroque étant son pilier, Cathy Guetta ayant beaucoup aidé, ou encore Carla Bruni Sarkozy, Farida Khelfa…

« Ses filles », dès 18 ans, sont également sa fierté. Ces filles qu’elle a toutes formées…et plus. Comme par exemple cette femme, qui était femme de ménage chez Carlota, et à qui Anna a appris le métier d’esthéticienne au moment du développement des soins orientaux, comme une nouvelle opportunité de vie. Ou son assistante et comptable qui, arrivée, il y a 12 ans pour son premier job est toujours à ses côtés. Elle dit même qu’avec Anna elle a tout appris, principalement de la confiance en soi, la capacité de s’exprimer et son professionnalisme.

On ne compte plus les collaboratrices qu’Anna a, révélé tout d’abord, mais aussi aidé et soutenu dans des moments de vie intimes et difficiles leur témoignant cette générosité naturelle.
Son bras droit, « Dodo » pour les habitués, en est témoin tous les jours. Elle nous confie que sous ses airs enfantins (Anna ne peut pas s’empêcher par exemple, de dévaliser les duty-free des nouvelles friandises du monde entier) Anna et une femme au grand cœur qui ne peut passer son chemin en croisant des sans domiciles fixes dans la rue. Elle va s’arrêter, leur parler, essayer de les aider.

Anna est un exemple de tolérance. Elle aime le métissage. Ses collaboratrices viennent d’ailleurs de tous les univers sociaux, religieux, culturels…Elle ira même jusqu’à se battre pour régulariser les papiers d’une de ses esthéticiennes. Rien ne fait peur à Anna, elle abat des montagnes pour ses instituts, sa famille, ses amis…les autres.
Ses proches en parlent comme d’une femme « ultra » généreuse, décalée, fleur bleue parfois, drôle toujours ! Mais forte aussi et diaboliquement novatrice, ayant un sens inné de la découverte. Tout ceci en « anna »-chronie totale avec une timidité folle. Pour exemple, Anna était attendue à une grande soirée donnée pour le festival du film de Cannes. Mais ne voulant pas se mettre en avant et étant très gênée de passer par la grande porte, elle forcera Dodo à passer par les cuisines et longer les thuyas afin d’être discrète, et au risque d’abîmer sa tenue.

Une discrétion qui la pousse à, comme elle le dit « oublier quand je fais du bien ». Elle le fait, c’est tout. Et elle fait tellement. Comme pour ce dispensaire à Madagascar ouvert par une de ses clientes à qui elle envoie régulièrement des médicaments. Ou sa participation à « Paris tout petit » à qui elle reverse la vente de bijoux porte-bonheur tibétains que l’on peut trouver dans ses instituts.
Anna est une femme unique à notre époque qui aurait bien besoin de plus de gens comme elle. Une battante qui refuse de regarder en arrière, mais faisant avancer sa barque (on pourrait presque dire son Arche) en y emmenant tous ceux qui croisent son chemin.
Une Belle Personne à qui on ne peut aujourd’hui que souhaiter de rester telle qu’elle est et de « s’habituer au bonheur »

Audrey Séjourné-Le Creurer

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